Voici ce que nous entendons le plus souvent lors des premiers entretiens. Ce sont des phrases de dirigeants, relevées telles quelles. Si plusieurs vous sont familières, le sujet n'est probablement pas la stratégie.
Un point commun les relie : aucune ne parle de compétence. Elles parlent toutes de clarté, de cadre et de circulation de la parole. C'est précisément ce qu'un séminaire de direction bien conçu travaille.
Douze phrases
Relevées dans nos entretiens de cadrage. Aucune organisation n'est identifiable.
Le comité de direction évite les vrais sujets.
Chacun défend son périmètre.
On décide, et rien ne bouge derrière.
Ça se dit dans les couloirs, jamais en réunion.
Le plan est écrit, personne ne l'applique.
Mes managers reçoivent des ordres contraires.
On a fait un audit, il dort dans un tiroir.
Depuis la fusion, personne ne sait qui fait quoi.
Je porte tout, tout seul.
On n'a jamais le temps de prendre du recul.
Les bons partent, les autres attendent.
Je ne veux pas d'un séminaire de plus.
Ce que ces phrases disent réellement
« Le comité évite les vrais sujets » décrit rarement de la lâcheté. Cela décrit un collectif où le premier désaccord exprimé a été mal accueilli, une fois, et où plus personne ne recommence.
« On décide, et rien ne bouge derrière » décrit rarement de la mauvaise volonté. Cela décrit une décision prise sans règle annoncée, que chacun a donc comprise comme un avis.
« Je porte tout, tout seul » décrit rarement un manque de délégation. Cela décrit une gouvernance implicite, où personne ne sait ce qu'il peut trancher sans demander.
Dans les trois cas, la réponse n'est pas un séminaire de motivation. C'est un travail sur le cadre, les règles et les circuits de décision.
